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HYPOTHÈSE 2 (catégories de l’“alien“)

1 Leave a comment on paragraph 1 0 Si on entend le terme alien dans le sens d’étranger au sens large, une investigation sur le capitalisme alien, ne peut se passer d’une investigation sur les catégories de l’étranger. On peut se servir ici des catégories qui ont été dégagée par Orson Scott Card dans La Voix des morts : “La langue scandinave définit quatre types d’étrangers. Le premier est celui qui vient d’ailleurs, ou utlänning, l’étranger que nous considérons comme un être humain, mais qui vient d’un autre pays ou d’une autre ville. Le deuxième type est le framling – Démosthène se contente de supprimer l’umlaut du scandinave frâming. C’est l’étranger que nous considérons comme humain mais qui vient d’une autre planète. Le troisième est le ramm, l’étranger que nous considérons comme humain mais qui appartient à une autre espèce. Le quatrième type, le varesle, recouvre ce qui nous est véritablement étranger et s’applique à tous les animaux, avec qui la conversation n’est pas possible. Ils vivent mais ne peuvent saisis les causes ou les objectifs qui les font agir. Peut-être sont-ils intelligents, peut-être sont-ils conscients, mais nous ne pouvons pas le savoir“ (Orson Scott Card, La voix des morts, J’ai lu, 1995, pp.46-47).

2 Leave a comment on paragraph 2 0 Cette investigation linguistique sur la catégorie de l’étranger nous permet elle de préciser ce qu’on peut entendre par “capitalisme alien“ ? Dans le premier sens, le capitalisme viendrait d’un certaine contrée et viendrait occuper, coloniser, etc. une autre contrée. On trouve ici l’invasion du capitalisme britannique en Inde ou la colonisation des Amériques par l’Europe, motivée en particulier par la recherche d’un accès à des ressources en or, en argent, etc.
Cette autre contrée pourrait également être sociale : par exemple, une fraction particulière de l’humanité – une aristocratie, une société secrète – qui demeurerait cachée, serait en mesure de déployer des dispositifs de contrôle, des récits renforçant leur emprise sur l’humanité générale, qui n’appartiendrait pas à leur caste.
Enfin, cette autre contrée pourrait être le pays des morts, contrée invisible mais supposée agissante qui hanterait les vivants à travers l’héritage, ou qui s’en nourrirait énergétiquement à la façon des vampires, créant un cheptel aliéné dont l’activité leur permettrait d’agir, eux qui, sans corps physique sont désormais dénués de capacité d’action directe dans le monde réel.

3 Leave a comment on paragraph 3 0 Existe-t’il un capitalisme dans le second sens énoncé ci-dessus ? Peut-on considérer le capitalisme comme une structure importée d’une autre planète ? Le capitalisme serait, en ce second sens, une action menée par une espèce exobiologique sur la Terre, effectuée selon des motivations encore à déterminer. À l’heure actuelle, aucune preuve ni aucune démonstration n’a été effectué montrant que le capitalisme est un mode de production, une culture exoplanétaire. Des récits circulent pourtant présentant l’espèce humaine comme une espèce exoplanétaire qui a conquis la planète.

4 Leave a comment on paragraph 4 0 En un autre sens, l’espèce exobiologique pourrait être des planètes ou une étoile qui, comme le soleil selon Chizhevskii, agit rythmiquement sur l’activité humaine, suscitant des révolutions périodiques, qu’il a corrélé aux cycles d’éruptions solaires. Les cycles d’innovation du capital de Schumpeter ne seraient-ils pas des expressions de ces modes d’actions stellaires ?

5 Leave a comment on paragraph 5 0 Dans le troisième sens, le capitalisme serait le fait d’un étranger appartenant à une autre espèce. Entendu au sens large, cette espèce pourrait ne pas être biologique mais par exemple psychique ou pneumatiques. Il existe une longue tradition caractérisant les êtres psychiques ou pneumatiques dans la culture occidentale ainsi que dans les autres cultures terrestres. Ainsi, le capitalisme pourrait être une manifestation de la capacité d’autodestruction de l’humanité, la manifestation d’une pulsion de mort qui agirait par l’intermédiaire humain. La pulsion serait ici d’une autre espèce psychique que les ressorts de la conscience rationnelle qui sont censés présider à l’ethique et à la politique des sociétés humaines occidentales.

6 Leave a comment on paragraph 6 0 Plus largement, le capitalisme alien pourrait être un champ de réalisation de forces mythiques, obscures, éventuellement anciennes, qui, restées à l’état latent trouverait aujourd’hui l’opportunité de se reconstituer et de créer le milieu favorable au redéploiement de leur puissance.

7 Leave a comment on paragraph 7 0 Dans le quatrième sens, le capitalisme serait le fait d’êtres si radicalement étrangers à l’humain que, quoiqu’on puisse percevoir l’effet de leur action, nous ne soyons pas encore en mesure de les identifier en tant qu’être, de comprendre leurs objectifs, ni les causes de leur action. Quelles hypothèses pouvons nous faire à ce sujet ? Pour prendre un exemple fantastique, on pourrait imaginer par exemple des êtres futurs qui n’existerait pas encore, qui ne seraient pas actuels. Ces êtres seraient motivés par des buts que nous ne pourrions réellement déceller quoique nous pourrions malgré tout percevoir un champ intentionnel qui, indiquant leurs intentions, présiderait aux grandes orientations de développement du capitalisme (concentration du pouvoir, abstraction, déstruction du vivant planétaire, développement technologique s’autonomisant du contrôle social ou humain, etc. ). Ces êtres pourraient être par exemple des êtres technologiques futurs qui prépareraient progressivement les conditions de leur incarnation, en suscitant les développements technologiques nécessaires à l’élaboration de leurs organes fondamentaux et de leurs capacités de reproduction.

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Source: https://journal.laboratoryplanet.org/sur-les-categories-daliens-etrangers-3/