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HYPOTHÈSE 1 – Le Déluge comme mythe fondateur de l’Holocène

1 Leave a comment on paragraph 1 0 L’hypothèse des deux Anthropos

2 Leave a comment on paragraph 2 0 Le Déluge peut être vu comme un mythe fondateur de l’Holocène. Il est en effet possible que les mythes du Déluge puissent correspondre aux grandes fontes de la fin du Pléistocène, qu’ils soient des récits d’un lointain souvenir de la dernière glaciation (glaciation de Würm), qui s’était terminée à environ 8000 av. J.-C. pour laisser place à la période interglaciaire de l’Holocène. On peut par ailleurs noter que, si (le début comme) la fin d’une glaciation correspond bien à une transition de phase (passage d’une phase glaciaire à une phase interglaciaire) dont le paramètre de tension est l’albédo de la Terre – énergie solaire réfléchie par la surface de la Terre, rapportée à l’énergie solaire incidente, paramètre en particulier fonction du pourcentage de la surface de la Terre recouverte par les glaces -, et s’il s’agit donc bien d’un phénomène catastrophique au sens de René Thom, pouvant s’étendre sur un laps de temps relativement court comme certains modèles physiques récents semblent le montrer, la fin de la dernière glaciation a pu être, pendant quelques siècles ou même seulement quelques décennies, une période de pluies diluviennes, accompagnées de gigantesques inondations dans de nombreuses régions du monde.

3 Leave a comment on paragraph 3 0 Le mythe du Déluge se présente alors sous trois axes :
– réchauffement climatique et conséquences catastrophiques (l’effondrement qui vient)
– extinction des espèces et mission divine de sauvetage des non-humains
– réduction de la durée de la vie, et immortalité pour quelques élus

4 Leave a comment on paragraph 4 0 Pour ce dernier aspect en effet, dans la Bible, avant le Déluge, les grands patriarches vivaient 1000 ans. Noé est le dernier patriarche à vivre ce temps, après le Déluge Dieu réduit la durée de vie des hommes (maladie, stérilité, etc.). Mais le mythe du Déluge n’est pas un mythe d’origine sémitique mais bien sumérien. Le mythe de Noé (-500) s’inspire en effet du mythe d’Atrahasis raconté dans le Poème du Supersage (-1700), Atrahasis qui inspire également le personnage de Ziusudra (-1200), le dernier des rois antédéluviens (Ziusudra veut dire « Vie prolongée » en sumérien), et d’Uta-Napishtim dans L’Épopée de Gilgamesh (-1200). Dans ce mythe, Atrahasis (ou Ziusudra ou Uta-Napishtim, suivant les versions) reçoit en songe un message l’informant du Déluge à venir et l’enjoignant de construire une arche afin d’embarquer avec lui des spécimens de tous les êtres vivants. Ayant mené sa mission à bien, Dieu récompense Atrahasis en lui faisant don de l’immortalité, mais fait également en sorte que les humains troublent moins sa quiétude, en diminuant la durée de vie des hommes, et en introduisant la maladie, la stérilité, etc.

5 Leave a comment on paragraph 5 0 Le transhumanisme contemporain peut alors être vu comme un mythe de victoire sur l’Holocène par un « bon Anthropocène », celui d’un retour à une condition de demi-Dieu antédéluvien, une victoire par la reconquête de la longue durée de vie des patriarches antédéluviens, ou, mieux encore, celle du don d’immortalité accordé à Atrahasis.

6 Leave a comment on paragraph 6 0 De même le catastrophisme des apôtres du « mauvais Anthropocène » peut être vu comme un quête du statut de parfait de Noé, sauveur des âmes simples et pures des non-humains, tel que développé dans le mythe gnostique séthien – de Seth, le troisième fils d’Adam, seul pur après le meurtre de Abel par Caïn. Noé est un descendant de Seth (semence de Seth), en charge de la mission divine de sauver les non-humains du Déluge lancé par le Démiurge, fils de l’éon Sophia-Gaïa et créateur de la matière, et de laisser mourir la descendance de Caïn, enfants de la souillure de Ève par le Démiurge (les mauvais humains du Pléistocène en quelque sorte ?). Le Démiurge aurait essayé de détruire la semence de Seth en lançant le Déluge, mais en vain : les descendants de Seth sont par essence physei sozomenoi, sauvés par la nature. (cf. Codex de Nag Hammadi)

7 Leave a comment on paragraph 7 0 Hypothèse des deux générations de l’Anthropos :

8 Leave a comment on paragraph 8 0 La triade céleste de la Gnose est constituée du Père (l’Esprit invisible), de la Mère (Barbélô, dont le nom signifie ‘Dieu en quatre’) et de l’Enfant (Autogène), la triade donne le Dieu Homme, l’Anthropos. L’équivalent Gnostique de la chute, tel qu’analysé à partir de l’Apocalypse d’Adam (une prophétie faite à Seth par Adam, Codex de Nag Hammadi), semble concerner la division de l’Anthropos en deux incarnations distinctes et parallèles, deux générations, deux flux d’expression physique pour l’humanité, au travers de la forme physique mortelle et au travers du double qui est immortel.

Source: https://journal.laboratoryplanet.org/le-deluge-comme-mythe-fondateur-de-lholocene-hypothese-des-deux-anthropos/